Insolation improvisée

Oren Ambarchi – Snork (de l’album Insulation)

D’Oren Ambarchi, on évoque souvent son duo avec son compatriote australien Rob Avenaim, Phlegm, dont on appréciait l’approche bruitiste et fulgurante. Aujourd’hui Oren Ambarchi se promène en solo sur les pistes sonores avec un regard détaché de toute considération downtown. En trois albums, il se permet un dépouillement qui va droit à l’essentiel celle d’une épuration sonore, d’une abstraction totale.

Les amateurs éclairés de la musique électroacoustique trouveront là matière à réfléchir car Oren Ambarchi dispose d’un sens inné de la scénarisation du séquençage. Chaque écoute sera l’occasion d’explorer différemment, non sans avec une certaine élégance, les morceaux en précense. Que ce soit le lumineux Insulation ou bien le très olympien Suspension, l’artiste assume sa longue et lente maturation qui donne comme résultat Grapes from the estate, son meilleur disque à ce jour. Ses lentes variations sur différentes tonalités le font se rapprocher de l’ambient d’un Brian Eno ou d’un Steve Roden (pour prendre les plus connus). Cette musique fine, aérienne et somme toute très inspirée s’insinue malicieusement au coeur de vos nuits insomniaques pour en devenir le compagnon insidieux et ravi.

Written by Dominique Karadjian

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