Le trouvère relatif

Jim White – Bluebird

La mythologie possède un étrange pouvoir, celui de pouvoir recréer des personnages que l’on croyait vouer à l’imaginaire. De ces personnages cependant stéréotypés, certains ont un profil assez tourmenté pour figurer éternellement dans nos mémoires. C’est le cas des chansons de Jim White. Cet homme n’est pas réellement un chanteur en fait : voyageant entre les lignes imaginaires de son cerveau, il nous invite à poursuivre avec lui des expériences de pensées, à découvrir ses histoires intérieures. La relativité a un sens chez Jim White, elle peut être avec une guitare au coin du feu, à l’instar d’un M. Ward ou d’un Devendra Banhart, ou dans la chambre miteuse d’un motel d’une banlieue américaine.

Les histoires de Jim White viennent de nulle part et sont pourtant notre quotidien, par leurs non-dits et zones grises, ces espaces flous qui nous encerclent sans que nous puissions les toucher du doigt ou les appréhender par la pensée. Mais nous savons qu’elles existent…

Sa musique savamment orchestrée, entre folk et country, plus proche d’un Johnny Cash si filiation il y a, ce Drill A Hole In That Substrate And Tell Me What You See se conçoit comme un film en clair-obscure, à la croisée d’une amérique aussi profonde que Lynchienne. Le chanteur se considère tout d’abord comme un écrivain, ses chansons sont des petites vignettes… des personnages mythologiques.

Written by Dominique Karadjian

Laisser un commentaire