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Something new, something old : Nirvana vs The Wipers

The Wipers – D7
Nirvana – Return of the rat

En lisant les articles sur Patti Smith et Gun Club de Podaufeu, j’ai été pris d’une envie de réentendre un groupe et me suis replongé la tête dans les rayons du bas de ma discothèque, celles que j’évite de regarder pour ne pas sombrer dans une nostalgie névrotique qui me ferait passer des heures à tout écouter à nouveau.
Nous avons souvent rappelé sur PODvains, que l’histoire du rock était parsemée de groupes ou de chanteurs, ayant eu un succès critique et commercial proche du néant, surtout ceux qui rétrospectivement ont créé un nouveau genre. Le titre de l’article étant assez parlant, vous avez deviné que nous allons parler de… Grrrrunge.

Greg Sage and The Wipers sont apparus dans les années 70 à Portland – Oregon avec une vision de la scène musicale qui tranchait radicalement avec ce qui se faisait alors. Férocement indépendant, le groupe refusa tout compromis avec l’industrie, ce qui le voua forcément à rester éternellement underground. Le leitmotiv de Greg Sage n’était certes que l’écho de la vague punk d’alors : pas de presse, pas d’interviews, pas d’images et pas d’émissions (radio et télé), et il préférait concevoir sa musique “as art rather than entertainment”. Cette foi musicale – car appelons-la ainsi- fit que le groupe put traverser les années tout en supportant de nombreux changements en son sein.

Le vilain petit canard eut à subir naturellement les foudres de l’Industrie, entre dénigrement et abandon, mais cela ne l’empêcha pas de sortir 10 albums. Cette farouche volonté à rester en marge provoqua chez nombre d’artistes de la scène indépendante une véritable estime, aussi ne faut-il pas s’étonner que Sonic Youth et Kurt Cobain produirent ensemble Fourteen Songs for Greg Sage and the Wipers, qui réunissait la fine fleur de la scène grunge d’alors.

Lorsque vous écouterez les deux morceaux (et faîtes-le dans l’ordre The Wipers d’abord et ensuite Nirvana), la filiation musicale vous paraîtra alors évidente : même timbre de voix, même son de guitare… à croire que Cobain était le jumeau de Sage. Mais en élargissant le spectre musical, vous conviendrez que Greg Sage aurait du avoir la même place dans le paysage critique qu’un Bob Mould ou d’un Mascis.

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