Naked City – Batman (from Naked City)
Naked City – Grand Guignol (from Grand Guignol)
Naked City – Val de Travers (from Absinthe)

En jazz, les excès sont généralement permis, voire fortement encouragés. Mais malmener un genre musical en lui tendant le miroir déformant de ses propres limites est suicidaire. Lorsqu’en 1989, John Zorn débarque avec son groupe Naked City, ce dernier est plus qu’un simple saxophoniste, c’est un musicien accompli aux multiples influences. Et pourtant Naked City dynamite le jazz en jouant fort, très fort. Imaginez que les Beatles aient engagé un groupe de jazz pour jouer du Heavy metal ? Et bien Naked City, c’est cela. John Zorn, avec sa palette d’influences diverses qui va du classique au free jazz, ajouta au jazz le hardcore, la noise et le death metal. En résumé, il osa tous les excès.
Entre 1989 et 1993, John Zorn et les siens donnèrent dans la poésie sonore, toutes décibels dehors, inventant une nouvelle friche musicale à l’esthétisme froide, comme en témoignent les très belles pochettes des disques. Du premier album Naked City au 26 morceaux, des micro-collages dadaïstes reprenant des morceaux de musique de films au dernier album Absinthe beaucoup plus tempéré voire donnant dans l’Ambient, Naked City fut le grand artisan d’un décloisonnement des genres, ouvrant les fenêtres pour y faire entrer cette grande bolée d’air frais.
Le bruit made in Zorn confine souvent au sublime. A écouter avec des oreilles non délicates.




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