[1001 films] The Wrestler

Film américain de Darren Aronofsky
Titre en français : The Wrestler
Sorti en 2008
Scénario : Robert D. Siegel
Interprété par : Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood
Fiche IMDB
Récompenses : Ce film ayant reçu plus de 30 récompenses, je ne cite que les plus importants. Lion d’or au Festival de Venise, Prix du meilleur acteur pour Mickey Rourke au Festival de Toronto,
Golden Club du meilleur acteur pour Mickey Rourke, Golden Globe de la meilleure chanson de Film pour Bruce Springsteen et n’oublions pas les deux nominations aux Oscars pour le meilleur acteur et le meilleur second rôle féminin.

Ce film est listé en 997ème position dans la liste de Steven Jay Schneider et c’est le 4ème que je visionne.

Synopsis : Randy Robinson dit le bélier est une ancienne gloire du catch professionnel. Tous les week-ends, il retourne sur le ring pour assouvir sa passion et égrener quelques miettes de son succès d’antan. Mais physiquement et moralement, Randy est à bout. Il doit joindre les deux bouts, lui qui gagnait des millions, vit dans une caravane et a de sérieux problèmes de santé. Il est temps pour lui de partir à la retraire. Mais ce retour à la réalité s’avère plus dur qu’il ne le pensait.

Darren Aronofsky continue avec The Wrestler sa quête de et sur l’homme. Après la folie dans le superbe Pi , l’addiction dans l’angoissant Requiem For A Dream et le sacré dans The Fountain, le réalisateur américain s’attaque à l’illusion de la célébrité. Avec The Fountain, Aronofsky s’était essayé au conte stylisé, les plans se succédaient dans une aura mystérieuse et magnifique. Dans The Wrestler, il reprend sa caméra à l’épaule et filme en lumière naturelle la prestation de Mickey Rourke.
Tous les artistes le savent, la célébrité ne dure qu’un temps. Certains tirent leur épingle du jeu en la faisant prolonger mais pour d’autres, en revanche, leur quart d’heure de gloire s’est terminé, il y a longtemps. C’est ce qu’interprète Mickey Rourke : un catcheur usé et sur le retour. Autant dire que l’acteur américain joue le rôle de sa vie. Les catcheurs sont des sportifs de haut niveau mais qui assurent le spectacle. Il y a donc en eux cette double composante : la performance sportive et théatrale. Comme les acteurs, ils sont accrocs à leur discipline et au public.

Le haut de l’affiche prévient : Witness the resurrection of Mickey Rourke. Car il s’agit bien de cela, ce rôle est fait sur mesure pour Mickey Rourke. Et même si on a du mal à le regarder en face – l’alcool a durablement meurtri ses traits autrefois délicats – on admire le tour de force de cet acteur, considéré comme has-been et qui revient avec force sur le devant de la scène. Le film ne tient que par cette prestation étonnante. C’est un one man show, un festival Mickey Rourke faite de roublardise, de finesse, de force, de charme et de tristesse infinie. Car lorsqu’on réussit à plonger le regard dans ces yeux bleus délavés, on sent que cet homme aime son métier à la folie, qu’un feu sacré l’habite et c’est certainement cette flamme éternelle qui a touché les jurés des différents festivals internationaux. Mickey Rourke n’a pas eu l’oscar du meilleur acteur mais il a raflé une vingtaine d’autres prix. Juste retour de choses pour un acteur qui dans les années 80 nous avaient ravis avec des films comme The Year of the Dragon, Nine 1/2 Weeks, Angel Hearts et Barfly. Et vu sa feuille de route pour 2010, son come-back est assuré.

On oublierait presque le travail de Darren Aronofsky, artisan de cette résurrection, point de vue à la fois objectif et subjectif. En revenant sciemment à une esthétique Pi, le réalisateur arrive encore une fois à nous toucher. Et on comprend alors que ce cinéaste n’est bon que lorsque sa caméra se concentre uniquement sur son sujet principal, l’homme et filme en plan rapproché la douleur et la déchéance. Notamment, cette scène où Randy, les larmes aux yeux, dit à sa fille, qu’il vient de retrouver : « Je ne suis plus qu’un bout de viande périmé et je ne mérite que ça, tout ce que je veux est que tu ne me détestes pas. » Confession père/fille ou confession acteur/public ?