[1001 films] Straw Dogs

Film en couleur réalisé par : Sam Peckinpah
Titre Français : Les Chiens de Paille
Scénario : David Zelag Goodman, Sam Peckinpah
Adaption du roman de The Siege of Trencher’s Farm
de Gordon M. Williams
Sorti en : 1971
Interprété par : Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughn
Fiche IMDB
Récompense : Meilleur réalisateur au Kansas City Film Critics Circle Awards

Straw Dogs est le 540ème film listé par Steven Jay Schneider dans 1001 films à voir avant de mourir et le 3ème chroniqué ici.

Synopsis : David, un jeune américain et brillant mathématicien, s’installe en Cornouailles avec sa jeune et jolie jeune femme Amy. Cette dernière affiche sa réussite et sa beauté, attirant peu à peu la convoitise de certains hommes du village voisin. La population locale, méfiante au départ, devient franchement hostile jusqu’au drame final.

On le sait Sam Peckinpah, dès qu’il s’agit de traiter de la violence, ne fait pas dans le détail et la délicatesse. Le réalisateur de la Horde Sauvage signe ici avec Straw Dogs (Les Chiens de Paille, en français) un film dérangeant et fortement controversé. Dustin Hoffman incarne un jeune homme timoré, fuyant les problèmes au lieu de les affronter, qui s’installe loin des Etats-Unis, dans la ferme du père décédé de sa jeune femme, Amy (Susan George). Cette dernière, sûre d’elle, affiche sa beauté et sa réussite. L’hostilité des villageois se fait rapidement sentir, entraînant une tension grandissante, mettant à mal le ménage du jeune couple. Le mépris des villageois devient agressivité et celle-ci explose lorsque Amy est violée, la ferme du jeune couple est littéralement assiégée car David a eu le malheur de recueillir l’idiot du village, soupçonné d’avoir tué la fille d’un des notables.
Ce film fut interdit en Grande-Bretagne, déjà fortement échaudé par le film de Stanley Kubrick, A Clockwork Orange, sorti la même année. Le parallèle entre les deux films reste entier, même si le propos est différent. Autant Kubrick mettait en scène la violence urbaine et sociétale, Peckinpah filme la violence la plus crue qui soit. Le viol d’Amy est un moment d’une rare ambiguïté, qui gêne par l’attitude de la jeune femme (je veux mais je ne veux pas) et par le déchaînement de violence qui s’en suivra. La caméra de Peckinpah nous met volontairement dans la position du voyeur : on ne voudrait pas voir ce que l’on voit mais on y est fortement obligé. 40 ans après, quelle force possède encore ce film ? Comparé au film de Stanley Kubrick, Straw Dogs a quelque peu vieilli : cette violence crûe a certainement créé un scandale au début des années 70, mais aujourd’hui ce type de cinéma a été digéré et régurgité sous toutes ses coutures. L’auto-défense fortement recommandé durant le film perd aujourd’hui de son éclat. Il faut poser plutôt ce film comme un jalon dans l’histoire de la violence au cinéma, un jalon qui aura un écho un an plus tard avec le très beau film de John Boorman, Deliverance.
De Straw Dogs, on retiendra encore la superbe interprétation de Dustin Hoffman, très convaincant en jeune trouillard qui plonge malgré lui dans la violence, et surtout Susan George qui navigue en eaux troubles entre sensualité affichée et colère retenue.