Global Frequency

« Welcome, you’re on the global frequency ! » est la phrase finale d’un pilote que la Warner a refusé de diffuser à ce jour.

Largement inspiré du comics imaginé par le scénariste britannique Warren Ellis, à qui l’on doit notamment The Authority, Global Frequency est une série de 12 épisodes dont le concept original repose sur 1 scénariste pour 12 dessinateurs. Mais les dessinateurs ne sont pas les seuls à changer, chaque épisode voit tous ses personnages renouvellés.

Sur le principe du « les gens ordinaires font des choses extraordinaires », Global Frequency est une agence clandestine mondiale et illégale composée de 101 agents (ni plus, ni moins) qui sont dans la vie de tous les jours de simples citoyens exerçant tranquillement leur métier ordinaire : policier, développeur/informaticien, laborantin et même simple retraité… Cependant tous maîtrise au moins une qualité primordiale qui fait qu’ils appartiennent à cette agence un peu particulière. Ils interviennent partout dans le monde sans se soucier des politiques locales et des frontières. Pilotés par une punkette, génie de l’informatique, répondant au doux nom d’Aleph et par la très mystérieuse Miranda Zero, ils résolvent des situations inextricables. Mais là où on a l’habitude de voir des héros solitaires sauver le monde à la seule force de leur poignée, nos personnages sont systématiquement mis en réseau et fournir à ceux qui sont en charge sur le terrain de résoudre physiquement l’énigme les informations nécessaires pour les aider. Nous connaissions l’Intelligence Service, voici l’ère de l’Intelligence Cognitive.

Le comics étant de haut vol, il était naturel qu’un jour la télévision se penche dessus pour en faire une série. Chose faîte, un pilote a donc été réalisé, mais la Warner a refusé de le diffuser car non convaincue par sa qualité intrasèque. Sans Internet, les choses en seraient restées là et nous n’aurions même pas eu connaissance de l’existence de la chose.
Le fait est que le réalisateur a sûrement laissé son pilote traîné dans un coin du web et depuis le buzz ne cesse d’enfler. Le succès est tel que pour la première fois, des sites de fans se sont créés alors que la série n’existe même pas, espérant ainsi que la Warner revienne sur sa décision et produise les 11 autres épisodes.

Maintenant, cette série mort-née vaut-elle tout ce tintamarre ? Objectivement, au regard du pilote, on peut comprendre le scepticisme de la Warner, ne serait-ce que par l’entrée en la matière quasi-invraisemblable, avec la grosse ficelle scénaristique que même un débutant n’oserait pas faire (enfin je crois) : un ex-flic découvre dans une ruelle bien sombre, le corps d’un homme mort, sonne son téléphone portable… « Allo, n°trucmuche, ici Aleph de Global Frequency »… et voici notre bonhomme embarqué dans une histoire digne d’X-files, à l’insu de son plein gré. S’en suit alors une fuite en avant, une course effrénée pour sauver la ville de San Francisco (tant qu’à faire…), ne se posant pas un seul instant pour étudier la psychologie des personnages. Ceci marche généralement bien dans un comics, pas dans une série TV.

Global Frequency aurait très bien pu être le chaînon manquant qui relie X-files à Alias. Hélas, la dure Loi de l’évolution des séries TV est telle qu’il ne sera qu’un maillon faible, éliminable dès le premier clic.

A télécharger sur n’importe quel réseau P2P.

Written by Dominique Karadjian

Laisser un commentaire

Visit Us On TwitterVisit Us On Google Plus