Les fous d’Avril de DOA

Oublions un instant l’histoire, et penchons-nous sur l’écriture de DOA. Elle est belle, en harmonie avec les pièges de notre langue. Une écriture qui tend vers l’universel à défaut d’être empathique avec le lecteur. DOA investit les mots pour écrire une histoire, qui, si elle n’est pas originale, puise dans les racines de différents genres : les thèmes classiques du réseau cyberpunk, de la manipulation génétique et de l’enquête policière.

Référent historique avec le titre, référents littéraires avec les thèmes abordés, « Les fous d’avril » impressionne aussi par sa maîtrise narrative. On sent que l’auteur a réfléchi à son roman, à la virgule près. Rien n’est en effet laissé au hasard : chaque scène découle naturellement d’une configuration donnée, chaque dialogue est nécessaire, chaque personnage est à sa place, même le plus anodin. Une telle précision clinique ferait presque froid dans le dos, si l’histoire n’alimentait pas déjà cette étrange impression.

Loin des laborieuses tentatives romanesques d’un Dantec, du syncrétisme clinique d’un Truong, DOA marque donc, et d’emblée, de son empreinte un genre où la tendance béate à la « gurutisation » est fréquente. Même le pseudonyme de l’auteur pourrait nourrir ces rivages sectaires par effet de projection.

Espérons donc que ce choix de nom, qui en révèle si peu (Dead on Arrival ?), donnera par la suite énormément en écriture et en histoire.

Written by Dominique Karadjian

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